La "restauration" de 1993

En 1993, le visage du masque est recouvert d'une couche de kaolin. Cette intervention semble avoir été réalisée sur base d'une attribution à la société Ngil, active chez les Fangs du Gabon, et dont les masques sont portés lors de rituels funéraires. L'ajout de cette couche blanche aurait eu pour vocation la réactivation du masque, ou le retour à un aspect qui semblait alors plus légitime.

Depuis, ce masque a été attribué aux Ngbaka par différentes personnes ressources. Bien que la couleur blanche, évoquant traditionnellement le pouvoir des ancêtres est courante sur les productions des peuples vivants le long du fleuve Congo, les sources s'accordent : les masques en forme de coeur des Ngbaka étaient portés par le maître de circoncision lors des rituels d'initiation des jeunes garçons. Ils étaient accompagnés d'une coiffe et d'accessoires et pouvaient être sertis de coquillages.

Cela illustre la situation complexe des objets ethnographiques conservés dans les musées occidentaux. Les communautés sources ont disparu ou vivent dans des contextes d'instabilité, les conditions de collecte sont douloureuses et impliquent une perte d'informations, les attributions sont délicates et parfois lourdes de conséquences.

Cette intervention ne peut pas être réellement qualifiée de "restauration", la Conservation-Restauration étant une discipline encadrée par une déontologie rigoureuse.

Photos du masque avant intervention : Musée Wittert