Les couches picturales

Après leur collecte, il était courant que les objets dits "ethnographiques" subissent des modifications destinées à les faire correspondre aux goûts des marchands d'art et musées occidentaux : réduction ou élimination des patines et polychromies, ajout de vernis ou de cirage, démembrement des ensembles. 

À l'arrivée de ce masque dans les collections de l'Université, ses yeux et sa bouche étaient détourés de noir, ainsi que le pourtour de son visage en forme de coeur. Sur les pourtours, cette couche de noir est encore présente, bien qu'altérée. Il est possible que les yeux aient été sertis de coquillages. La couche blanche, en revanche, n'est pas d'origine. Ajoutée en 1993 sur base d'une erreur d'attribution, elle est composée de Kaolin et souffre d'une perte d'adhésion généralisée. 

Malgré l'instabilité de cette couche picturale, il a été décidé de conserver et d'exposer le masque en l'état. L'état original de l'objet est perdu, enlever cette couche ne permettra pas de le retrouver. De plus, elle fait désormais partie intégrante de l'histoire du masque, et témoigne de l'impact de nos interprétations sur la matérialité des biens culturels.